Le président déchu du Sri Lanka Gotabaya Rajapaksa est revenu d’exil

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Il avait dû fuir le pays suite à des manifestations de protestataires le tenant pour responsable de la faillite économique du pays.

Le président déchu du Sri Lanka, Gotabaya Rajapaksa, est rentré vendredi à Colombo, mettant fin à son exil en Thaïlande, a annoncé vendredi 2 septembre à l’AFP un responsable de l’aéroport international de la capitale du pays.

Gotabaya Rajapaksa, 73 ans, a été accueilli par des ministres avec des guirlandes de fleurs, sept semaines après avoir dû fuir le pays, en proie à des manifestations de protestataires le tenant pour responsable de la faillite économique du pays. Son visa de 28 jours ayant expiré sans reconduction possible, il se trouvait depuis en Thaïlande, où les autorités locales lui avaient demandé de ne pas sortir de son hôtel pour des raisons de sécurité, le maintenant pratiquement en état d’arrestation.

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«Il a vécu dans un hôtel thaïlandais en prisonnier virtuel et était désireux de rentrer», a déclaré à l’AFP le responsable de la Défense, qui a requis l’anonymat. «Nous venons de créer une nouvelle division de sécurité pour le protéger après son retour», a poursuivi le responsable, «l’unité est composée d’éléments de l’armée et de commandos de la police.» Gotabaya Rajapaksa disposait d’un visa de 90 jours pour rester en Thaïlande, mais il a choisi de rentrer avec sa femme, un garde du corps et un autre assistant, a indiqué le fonctionnaire. La Constitution sri-lankaise garantit des gardes du corps, un véhicule et un logement aux anciens présidents.

«Rouvrir les enquêtes»

Des défenseurs des droits humains ont déclaré se réjouir de son retour et assuré qu’ils allaient œuvrer pour son arrestation «pour les crimes qu’il a commis». «Nous allons pouvoir le faire traduire en justice», a déclaré à l’AFP Tharindu Jayawardhana, porte-parole de l’Association des jeunes journalistes du Sri Lanka. «Nous avons déjà demandé à l’inspecteur général de rouvrir les enquêtes criminelles qui ont été mises de côté» lorsqu’il est devenu président, a ajouté le porte-parole. «Nous avons listé 21 affaires le visant». Démissionnaire à mi-chemin de son mandat de cinq ans, Gotabaya Rajapaksa, 73 ans, a perdu l’immunité que lui garantissaient ses fonctions. Il pourrait en conséquence être poursuivi en justice.

Gotabaya Rajapaksa, qui avait renoncé à sa citoyenneté américaine pour se présenter aux élections présidentielles en 2019, est également poursuivi en Californie pour son rôle présumé dans le meurtre du journaliste Lasantha Wickrematunge et la torture de prisonniers tamouls. La police a déployé des agents en civil en plus des gardes armés dans une résidence gouvernementale à Colombo qui lui est attribuée. La sécurité de son domicile privé a également été renforcée, ont indiqué des responsables. Le pays de 22 millions d’habitants est ravagé depuis des mois par une crise économique historique, marquée par de sévères pénuries de nourriture, de carburant et de médicaments, faute de devises pour financer les importations.

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«Prospérité et splendeur»

Gotabaya Rajapaksa, élu en 2019 en promettant «des horizons de prospérité et de splendeur», a vu sa cote de popularité se réduire au fur et à mesure que la crise s’aggravait. Il a fui l’île le 13 juillet, quatre jours après l’assaut de sa résidence officielle par des dizaines de milliers de manifestants exaspérés par des mois de privations. Ranil Wickremesinghe, qui lui a succédé, avait déclaré l’état d’urgence et promis de sévir contre les fauteurs de troubles. Mi-août, par l’intermédiaire de Basil, son frère cadet et ancien ministre des Finances, Gotabaya Rajapaksa avait demandé au président Wickremesinghe de prendre des dispositions pour qu’il puisse rentrer en sécurité sur l’île.

L’île d’Asie du Sud a fait défaut sur sa dette extérieure de 51 milliards de dollars à la mi-avril. Le Fonds monétaire international a annoncé jeudi une aide conditionnelle de 2,9 milliards de dollars pour assainir ses finances. Le conseil d’administration du FMI doit encore ratifier l’accord. «C’est une étape importante dans l’histoire de notre pays», a déclaré le président Ranil Wickremesinghe. «Les débuts seront difficiles», a-t-il ajouté, «seul notre engagement compte à présent, car nous devons non seulement atteindre les objectifs fixés, mais aussi les dépasser».

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